Historique de l’Union Nationale de l’Arme Blindée Cavalerie Chars

 

Au mois d’août de l’année 1980, s’éteignait le général TOUZET du VIGIER. Il avait succédé, le 28 mai 1949, au général de La FONT à la présidence de l’Union Nationale de la Cavalerie, de l’Arme Blindée et des Chars (UNABCC).

 

Malheureusement, une longue maladie devait le tenir éloigné de toute activité pendant les dernières années de sa vie. Ayant été lui-même un des artisans de la naissance et de la renaissance de l’Arme Blindée Française, il était très attaché au souhait de voir fusionner dans une grande union, les anciens de la Cavalerie, des Chars, et ceux, plus récents de l’Arme Blindée.

 

Il avait clairement exprimé ce désir dans des notes qu’il ne put mettre à exécution. Il avait notamment écrit :

 

« Unir dans le temps et dans l’espace »

 

Le général ANDRE, vice-président délégué, tint à suivre la ligne tracée par ce grand soldat et à parfaire l’Union, qui avait été « sa constante volonté ». Il écrivit, en présentant ses vœux pour 1980 aux membres de l’UNABCC :

 

« Penchés sur notre avenir, fiers de nos traditions, mais aussi et surtout, en tirant de nos traditions des leçons pour l’avenir, nous devons plus que jamais nous unir… Puisse cette année être celle de l’Union ; elle le sera si notre action et notre exemple le veulent ».

 

De leur côté, les « Anciens Chars », sous l’impulsion du général MALAGUTTI, s’étaient réunis au sein de la Fédération Nationale des Associations et Amicales des Chars et de l’Arme Blindée. Cette Fédération aspirait également à un regroupement de tous les Anciens, sans exclusive. Son président, Mr Yves BRICARD, s’était rapproché du général ANDRE pour faire aboutir le projet, sans heurter pour autant les susceptibilités dues aux habitudes d’une longue fréquentation au sein d’un même groupe de camarades.

 

Par ailleurs, toutes les autorités de l’Arme, dont le général de BOISSIEU et le général SABOURET, alors Inspecteur de l’ABC, souhaitaient que l’esprit du décret du 1er décembre 1942, portant sur la création de l’Arme Blindée, se retrouve dans toutes les amicales chargées de maintenir et d’assurer l’avenir des traditions de la Cavalerie, de l’Arme Blindée et des Chars.

 

Pour ce faire, les deux associations nommèrent une commission paritaire avec mission d’apporter une solution définitive dans un bref délai.

 

Cette commission était composée des généraux LE DIBERDER et GUILLOT, de BLASQUEZ, puis GASCU, de DUBREUIL, LE BEL, MARCILLE, PENISSON et ROUZEE.

 

Elle s’était réunie quatre fois au cours des derniers mois de l’année 1980 dans une salle du musée de l’Armée mise aimablement à sa disposition par le général LE DIBERDER.

 

Une analyse de la situation fit apparaître des différences importantes entre la Fédération et l’Union, mis à part le nombre respectifs de cotisants : En effet, la première comprenait des associations à compétence nationale, des groupements régionaux, des amicales régimentaires ; la seconde était essentiellement constituée par des fédérations de subdivision de l’Arme.

 

Pour éviter de longues et stériles discussions, la Commission a suivi pour fil directeur l’élaboration des nouveaux statuts, permettant l’accueil de l’ensemble et la réalisation d’une véritable fusion.

 

Un titre et des statuts furent proposés. Après de légers amendements, ils furent adoptés en assemblées générales extraordinaires pour toutes les composantes de notre nouvelle Union. Avec beaucoup d’élégance, les deux anciens présidents, le général ANDRE et Mr BRICARD démissionnèrent pour permettre à la nouvelle :

 

« Union Nationale de l’Arme Blindée Cavalerie Chars »

 

de se constituer sur des nouvelles bases. Ils souhaitaient tous deux que le Président ne soit pas issu de l’une ou l’autre des anciennes associations pour préserver toutes les susceptibilités et pour assurer à leur successeur une parfaite indépendance ; leur geste fut particulièrement apprécié par tous, et hommage leur fut rendu lors de la première assemblée générale du 18 février 1981.

 

C’est au cours de cette assemblée que fut élu le général COMPAGNON, unanimement reconnu comme parfait coordonnateur.

 

Se succèdent ensuite à la tête de l’Union, en 1985, le général de corps d’armée (2S) WOISARD, ancien Inspecteur de l’Arme, puis en 1993, le général de corps d’armée (2S) CODET, enfin en 2003, le général de division (2S) DURAND.

 

L’évolution des Armées, marquée par la professionnalisation d’une part, l’exécution des missions nouvelles, d’autre part, a conduit l’Union à construire une relation novatrice entre cette Armée remaniée, et les relais avec la Nation, dont nous sommes…

 

En interne, l’Union a eu à faire face à des problèmes de communication et d’administration ; dans ces domaines, beaucoup de progrès ont pu être réalisés avec la création du site internet, ainsi que la rénovation de notre revue « Avenir & Traditions ».

 

S’est imposée également une réforme nécessaire et efficace de notre système de gestion, incluant la constitution de fédérations de subdivisions d’Arme pour faire vivre notre « esprit » et le début d’une « régionalisation », qui devrait permettre à chacun de nous raccrocher, au moins pour fêter Saint-Georges, à un groupe, puisque les régiments sont devenus rares, et parfois, trop lointains.

 

En 2009, est élu à la présidence de l’Union, le général de corps d’armée (2S) André-Marie d’ANSELME, qui prenant acte du bilan positif des actions menées par ses prédécesseurs, insuffle de nouvelles orientations, ainsi que le professe son discours :

 

« Outre la volonté de faire connaître l’UNABCC au sein de nos régiments de l’ABC et de mettre en œuvre par les Amicales ou les Fédérations, les services que les dits-régiments attendent, il est très important de continuer à développer nos missions de solidarité, d’entraide et de mémoire.

 

Il faudrait notamment que l’UNABCC soit mieux connue des sous-officiers et des EVAT de l’Armée d’active, afin d’en attirer, à terme, quelques-uns dans nos rangs. C’est une condition indispensable pour vivre en véritable symbiose.

 

Il faudra rechercher aussi, une synergie avec Saumur ANOR-ABC, car nos camarades de Réserve sont nos frères dans cette grande famille de Cavaliers, dont l’aura, au sein de la Nation, mérite d’être entretenue ».

 

En conclusion, l’Union et les Associations doivent continuer à rassembler tous les anciens de l’ABC et des Chars, quels que soient leurs origines et leurs grades, qui ont tant reçu de leur Arme pendant leur carrière ou leur passage dans l’Armée.

 

L’Union, par le biais des Associations, leur donne l’occasion de se retrouver. Tous les Anciens de l’ABC et des Chars se doivent, en retour, de participer par leur présence active, au maintien des traditions ainsi qu’à la préparation de l’avenir, en favorisant le développement de nos novelles missions, compte-tenu de l’évolution de notre Armée de Terre, et en particulier de sa composante « Cavalerie Blindée ».